Elues 2

CANNES 2015 #7

Article rédigé pendant le Festival de Cannes 2015, entre deux visionnages de films...


Ulises, un jeune délinquant, doit recruter des prostituées pour sa famille, qui vit de la traite des femmes. Mais il tombe amoureux de sa première victime, Sofia...

A l'instar de "Zvisdan" vu précédemment à Cannes, ce film de David Pablos se range assez sagement dans le style "cinéma d'auteur international", qui n'en finit plus de nous lasser.
En général dans ces productions, plus le sujet est fort, et moins il a de choses à dire sur le cinéma.
Certes la photographie est belle, les acteurs convainquants (tous non-professionnels d'ailleurs), mais en dehors de quelques décadrages convenus et d'une représentation très sonore des rapports tarifés (en champs / contre-champs statiques), au fond, seule compte l'histoire.
Ici la question porte sur la possibilité du rachat d'une faute par une autre, dilemme assez diabolique imposé par le père d'Ulises (pour libérer Sofia, il doit trouver une autre victime pour la remplacer). Le problème est qu'on croit de moins en moins, au cours du film, à l'amour d'Ulises pour Sofia. Il aurait tout aussi bien pu s'enticher de sa seconde proie, la manière de filmer leurs romances calculées étant quasi-similaires. La répétition du même comme impossibilité du salut.
Au bout du compte, c'est bien sûr le carcan familial qui triomphe et impose sa loi au jeune couple enfin reformé : victoire amère de quitter une prison (la maison close) pour une autre, où règnent tout autant la soumission et le mal.
Un film horriblement pessimiste sur la possibilité d'échapper à son clan, mais le propos n'est pas neuf et le réalisateur n'a pas grand chose à ajouter.

Jean-Paul Lançon

 

Elues 1

Les élues (Las Elegidas) de David Pablos (Mexique, 2015)

Un certain regard, Cannes 2015

Date de sortie pas encore fixée

Crédits : ARP Sélection