captives

CANNES 2014 #2

Article rédigé pendant le Festival de Cannes 2014, entre deux visionnages de films...

Mathew laisse sa fille de 9 ans dans la voiture pour aller acheter sa tarte préférée. Lorsqu'il revient, elle a été enlevée. Il mettra 8 ans à la retrouver.

Atom Egoyan a probablement inventé ici le "téléfilm auteurisant", au scénario incroyablement plat et conventionnel, et à la mise en scène plongée dans une torpeur à décourager les feuilles mortes. On attend en vain que démarre quelque chose, un début de problématique ou de regard de cinéaste sur le phénomène du réseau (webcams piratées etc.), non seulement en regard de la cyber-pédophilie, mais aussi comme substitut contemporain aux liens traditionnels (le réseau est-il une famille, etc...) ; rien non plus sur le syndrôme de stokholm, ce qui eût été le minimum syndical, et surtout rien sur la "reprogrammation" de cette pauvre enfant retournée et acquise à la cause d'un réseau pédophile pendant 8 ans, mais qui visiblement n'en garde aucune séquelle !

"Captives" est l'exemple parfait d'un cinéma creux dont seul l'emballage "auteurisant" (si les plans durent longtemps c'est que ça pense dur dans la tête du réalisateur) parvient à mystifier toute une partie de la profession.

JPL

Captives

 

Captives [The Captive] de Atom Egoyan (Canada, 2014)

Sélection officielle Cannes 2014

"Captives" est sorti en salles le 7 janvier 2015.